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"Contre la politique du pire" (www.Oedipe.org)
Appel en réponse à l'expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l'enfant
Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l'enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l'INSERM (Le Monde du 23 septembre 2005), qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l'enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.
Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d'héritabilité [génétique] du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?
Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d'enfant risquent d'être interprétés comme l'expression d'une personnalité pathologique qu'il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans, l'administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants. L'application de ces recommandations n'engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n'induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l'encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L'expertise de l'INSERM, en médicalisant à l'extrême des phénomènes d'ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.
En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d'opposition inhérente au développement psychique de l'enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l'abord du développement singulier de l'être humain est nié et la pensée soignante robotisée.
Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d'une palette thérapeutique la plus variée.
Pour autant, tous les enfants n'en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.
Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l'« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) [va] engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d'instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d'ordre public. Le risque de dérive est patent : la détection systématique d'enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d'endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d'accueil ou d'éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept-même de prévention.
Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l'enfance, de l'éducation, etc. :
- Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.
- Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.
- Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.
- Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux interrelations entre ces acteurs.
Les psychologues cliniciens de l’association Agalma demandent le retrait de l’article 8 de l’avant-décret concernant le titre de psychothérapeute, publié le 10 janvier 2006.
La pratique de la psychothérapie correspond à « une démarche volontaire » ; elle repose sur une connaissance approfondie de la psychopathologie et l’engagement du thérapeute dans un travail personnel.
Si la volonté du législateur était de protéger la population du charlatanisme, ce texte s’avère être, à la fois une menace pour des professionnels qualifiés, et l’autorisation de mise sur le marché d’autres professionnels sous qualifiés.
Pourquoi légiférer sans tenir compte des pratiques sérieuses déjà existantes et reconnues par la communauté professionnelle et les usagers ?
Comment ne pas octroyer de droit, comme prévu par l’article 52 de la loi du 9 août 2004, le statut de psychothérapeute aux psychiatres, psychologues et psychanalystes, y compris ceux n’ayant pas encore les 5 ans d’expérience exigés ?
Leur formation de haute qualité (Master 2 pour les psychologues, c'est-à-dire Bac+5) garantissait jusque-là en elle-même une prise en charge sérieuse de la souffrance psychique de leurs patients.
Comment peut-on envisager que les patients seront mieux pris en charge par des thérapeutes de «niveau master»*, ce qui veut dire titulaires d’un diplôme Bac + 3, ayant une «capacité de discrimination de base des situations pathologiques»* ?
Comment peut-on envisager qu’un professionnel ayant «une connaissance des 4 principales approches de psychothérapie»* sera mieux formé que celui qui s’est engagé à se spécialiser dans une de ces 4 approches ?
Va-t-on amputer les psychologues cliniciens nouvellement diplômés, spécialistes d’une approche théorique, au détriment logique des 3 autres, d'un des pans principaux de leur pratique : la psychothérapie ?
Qui sera désormais recruté par les institutions soignantes : les psychologues ou les psychothérapeutes meilleurs marché ? La réponse évidente fait dès maintenant frémir les centaines de jeunes diplômés qui doivent déjà trimer pour s’insérer dans un marché du travail sinistré.
Sur quoi se base l’Etat pour décréter «scientifiquement validées»* des approches théoriques de la psychopathologie ?
Il va sans dire que si l’Etat prouve le bien-fondé de cet argument par le rapport Inserm massivement invalidé par la communauté scientifique, on peut légitimement douter de la légitimité de l’Etat à user d’un pouvoir d’ingérence sur la pratique de tout un corps de métier !
En conséquence, nous demandons, par le retrait de l’article 8 de cet avant décret,
(* article 8 de l'avant-décret du 10/01/06)
A l’attention de la direction générale de la Santé
Objet : Pétition relative à l'avant-projet de décret de l'article 52 de la loi de santé publique du 9 août 2004
Les signataires ci-dessous,
tiennent à manifester leur vive inquiétude quant à l'avenir de la formation et de la pratique dans le champ de la psychopathologie clinique.
et demandent le retrait de l'article 8 de l'avant projet de décrets de l'article 52 de la loi de santé publique du 9 août 2006.
Nom Adresse Profession Signature
Vendredi 3 mars 2006
Xème journée de psychiatrie de l'hôpital d'instruction des armées Laveran.
"Nouvelles cliniques, nouvelles pratiques. Implications thérapeutiques et transmission" Lieu : Hôpital Laveran (Marseille) Renseignements : artpsicongres2006@hotmail.fr Tel : 04.91.61.72.82
M° Malpassé/ Bus 38.
Fax: 04.91.61.71.71
Samedi 4 mars 2006
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Journées Professionnelles du Master de psychopathologie clinique et psychanalyse animée par : Michèle BENHAIM "Le psychologue clinicien à l'hôpital et dans le champ du social" Lieu : Faculté Saint-Charles. Marseille (salle à préciser) Horaire : 9h30-16h30 Gratuit |
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Conférence débat proposée par l'Association de la Cause freudienne du Sud-Est "Lacan et Kierkegaard" Intervenants : Yves Depelsenaire, Rodolphe Adam, Sylvette Perazzi. Lieu : Les Arcenaulx Renseignements : 06.61.89.98.70 Tarif : 12 € / 5 € pour les étudiants. |
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Colloque organisé par l'Université de Nice Sophia Antipolis, dans le cadre du séminaire "L'Amour / la Haine / L'Ignorance" "Les bébés, les cigognes et les autres" Lieu : Faculté de médecine et de psychologie ( Amphi 3 ) Horaire : 10h - 16h Contacts : P. Amoyel : 06.70.04.15.86 Tarif : 10 € / 3 € pour les étudiants |
Mercredi 8 mars 2006
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Conférerence FEDEPSY "Le féminin et la perversion" "L'avenir de la femme" Lieu : Hôpital La Timone ( Amphi Naudin ) Horaire : 20h - 22h Tarif : 5€ |
Samedi 11 mars 2006
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Conférerence de Jean LAPLANCHE "Normativité et psychanalyse" Lieu : Faculté de psychologie ( Amphi Guyon ) Horaire : 9h30 - 16h Tarif : 30 € / 10 € pour les étudiants |
Samedi 25 mars 2006
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Journée nationale des collèges cliniques du Champ Lacanien "Qu'est-ce qu'une névrose ?" Intervenants : Marie-Christine BILLIOUD, Dimitris SAKELLARIOU, Marie-Noelle LAVILLE, Sol APARICIO, Eliane PAMART, Marc STRAUSS, Yves LE BON et Colette SOLER. Lieu : Bibliothèque Alcazar Horaire : 9h30 - 18h Renseignements et inscritption : Jean PONS : jean-henry.pons@wanadoo.fr Tarif : 50 € / 30 € pour les étudiants |
Texte de Laurent Le Vaguerèse du site http://oedipe.org/
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L’avant-projet des décrets d’application — qui sera soumis au Conseil d’État après avis du CNSER (Conseil National Supérieur de l’Enseignement et de la Recherche) et cosignés par le Ministre de la Santé et celui de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche — consacre l’avènement du pire.
- Les Directions de l’Enseignement Supérieur et des universités, sous l’injonction du ministère de la santé, pourraient progressivement contraindre celles-ci à créer de nouveaux Masters formant de cette façon des praticiens concurrents de leurs propres étudiants psychologues. Progressivement, crédits et enseignants seraient attribués à ceux qui se soumettent à ces directives.
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